(24/03/2008) Etats-Unis - Californication

First things first, pour tout ceux qui se demanderaient, non, je ne suis pas mort. En fait, j'étais soit trop occupé soit trop fatigué pour rédiger ce billet, c'est tout.
Bref, maintenant que c'est dit, reprenons l'histoire de ma vie(tm) :

Les États-Unis, c'est grand

J'en avais déjà parlé dans mon précédent billet, mais les États-Unis, c'est vraiment très grand. Des voitures aux entreprises en passant par le nombre de voies sur les routes, tout ici est au moins un cran plus grand qu'en Europe. Et Mountain View ne fait pas exception. Il faut savoir que Mountain View est une ville d'environ 80000 habitants que je qualifierais surtout de "résidentielle" (beaucoup de maisons), et avec un centre ville très étalé. Autant vous dire que se balader à pieds dans Mountain View est globalement impensable (j'ai encore les restes d'une énorme cloque sous un de mes doigts de pieds pour appuyer mes propos). Du coup, la première étape pour moi quand je suis arrivé fût de mettre la main sur un vélo.

Le vélo

Première tuile : Pour obtenir un vélo, faut aller en ville, et pour aller en ville, faut soit avoir un vélo, soit utiliser les transports en commun. Le problème, c'est que je suis arrivé vendredi soir, et que la ligne de bus qui couvre la base militaire où je suis ne tourne qu'en semaine. Du coup, je me suis contenté d'aller au magasin le plus proche à pieds pour acheter de quoi survivre pour le week-end.

Le lundi (rappel : j'ai commencé chez Google seulement Mardi), je suis donc aller en bus jusqu'au vendeur de vélo le plus proche. Aucun magasin dans le coin ne semblant faire de location de vélo, je me résigne à en acheter un (avec tout les accessoires qui vont bien). Sauf que le vendeur m'explique qu'il n'a pas le vélo que je veux pour ma taille mais qu'il peut m'en assembler un en deux heures. Pendant ce temps, je m'en vais donc tourner en rond en centre-ville. J'en profite pour passer dans une boutique Verizon (voir la partie sur le téléphone portable plus bas) et je retourne ensuite au magasin récupérer le vélo. Bon, une bonne chose de faite.

Deuxième tuile : Le lendemain, chez Google, un stagiaire m'explique qu'en fait Google prête gratuitement des vélos aux employés* ("gnii!").

Google

Avant tout, il faut que vous sachiez que j'ai signé un NDA (Non-Disclosure Agreement) qui dit en gros que si je dis quoique ce soit de confidentiel à qui que ce soit qui ne bosse pas chez Google, une milice de ninja-avocats va venir pendant mon sommeil pour m'étouffer avec mon oreiller. Du coup, vu qu'un peu tout chez Google est confidentiel, ça limite pas mal ce que je peux dire sur ce blog. Ce ne sera notamment pas la peine de me demander ce que je fais au juste chez Google, déjà parce-que je ne le sais pas encore, mais surtout parce-que c'est confidentiel.

J'en vois déjà dans le fond qui se demande comment ça se fait que je ne sais pas encore sur quoi je dois travailler. En fait la raison est assez simple : Les stages chez Google commencent par une formation. Je n'en dirais pas plus parce-qu'il y a un ninja qui me regarde bizarrement de l'autre coté de la rue.

Sinon, du coté de ce dont j'ai le droit de parler:

Mon poste de travail : Google a mis a ma disposition un ordinateur dont la configuration me fait quelque peu penser à un titan du calcul. Je n'ai pas encore réussi à le mettre à genoux, mais il parait que c'est faisable. Au passage, j'ai eut droit à un écran plat 30 pouces. C'est super grand comme écran en fait, si grand que ça en devient presque pas pratique. Ben oui, avec ces écrans, dès que vous maximisez une fenêtre, vous avez l'air con, y'a même pas la moitié de l'écran qui est utilisée ...

L'équipe dans laquelle je suis : Comme tout le monde le sait, Google est une multi-nationale attirant des employés du monde entier. Du coup, dans mon équipe, il y a notamment 2 américains, 2 français, 1 indienne, 1 chinois, etc. Mon précédent stage était dans une boîte entièrement française, du coup, ca fait bizarre de se retrouver dans un contexte aussi international. On notera qu'avec mon accent et ma prononciation à couper au couteau, il m'est pour l'heure presque impossible de parler avec mon collègue chinois.

Vu qu'on m'a posé la question : Dans l'ensemble il me semble que la proportion de femmes dans les équipes informatiques est plus importante que celle dans les universités où j'ai été. Ceci dit, elle reste loin de 50%. Mais bon, pour rattraper le coup, il reste les équipes non-informatiques de Google ^^ (RH, Compta, etc).

Les 1000 et 1 autres bonus Google :

Pour rassurer ma chère mère qui doit être entrain de se dire que je vais sûrement rentrer obèse ou pire : La nourriture la plus proche de mon bureau est un frigo contenant des jus de fruits, et comme je suis du genre flemmard ... :) Au passage, comme je dois faire l'aller-retour entre la NASA et Google chaque jour à vélo, je crains assez peu pour ma ligne. En fait je pense même déjà avoir maigri un peu (mais ne vous inquiétez pas, le MacDonalds près de chez moi m'aide à rester moi même ;)

Le téléphone portable

Étant désormais aux États-Unis, il m'a fallu mettre la main sur un numéro de téléphone portable. Le plan initial était que je récupère le téléphone utilisé par Dave puis par Sam (genre téléphone sans forfait => à recharger). Mais comme vous avez dû le voir, je suis en passe de devenir un professionnel de la tuile, et du coup ça ne s'est pas passé comme prévu.

Première tuile : Quand j'étais encore en France, je suis allé chez Sam pour lui faucher le-dit téléphone. Pas de bol, une fois chez lui, on s'aperçoit que le numéro a été désactivé, faute de rechargement. Du coup, on se renseigne rapidement sur Internet pour vérifier que mon téléphone portable français est bien tri-bande et que donc il marchera aussi aux États-Unis. À partir de là, je me dis que une fois aux États-Unis, j'aurais juste à chercher rapidement une carte SIM.

Deuxième tuile : Lundi, alors que j'attendais que mon vélo soit assemblé, je passe dans une boutique Verizon. Le vendeur m'y explique brièvement que Verizon utilise le CDMA et non pas le GSM, et que donc mon téléphone ne marchera pas chez eux. Il me suggère d'aller voir chez T-Mobile ou AT&T (ça surprend toujours un peu un vendeur qui vous envoi chez le concurrent ^^). Mon téléphone s'étant connecté automatiquement sur le réseau T-Mobile quand je suis arrivé aux États-Unis, je me dis que je tâcherais d'aller les voir dès que possible.

Troisième tuile : Samedi, ayant des courses à faire, je repère rapidement la boutique T-Mobile la plus proche sur Google Maps et décide d'y aller. Une fois sur place, je discute avec un vendeur qui me confirme que si je prends une SIM chez eux, ça marchera. Cool. Au passage j'en profite pour lui demander s'ils vendent des téléphones intéressants avec les cartes SIM à recharges (leurs téléphones sont nettement moins chers qu'en France). Il me montre trois modèles soit équivalents au mien, soit plus pourris. Je laisse donc tomber cette idée. Il m'amène une carte SIM. Je la met dans mon portable, et là, cet idiot de téléphone m'affiche "Network lock." ... Ben oui, j'avais oublié de le faire déverrouiller avant de partir et il refuse donc de s'allumer sans une carte SIM Orange ... Or pour déverrouiller un téléphone, il faut appeler orange et leur donner je-ne-sais-plus-quel-numéro qui est enterré quelque-part dans mes papiers en France ...

Quatrième tuile : Je choisi donc d'acheter le téléphone le moins pourri des trois qu'il m'avait montré. Il s'agit, comme pour mon téléphone français, d'un téléphone Samsung. Moi qui m'était juré que mon prochain téléphone serait un Nokia ... Bon, à la rigueur, il me permet aussi de prendre des photos**, donc ça me suffit. En rentrant chez moi, je tente de transférer les photos de mon téléphone français sur mon téléphone américain via Bluetooth. Sauf que ça ne marche pas. Je pense que c'est les fréquences utilisées par le Bluetooth qui ne sont pas les mêmes en France et aux États-Unis ... Conclusion, je suis bon pour acheter aussi un donglet USB Bluetooth américain pour mon ordinateur. Enfin je ferais ça quand j'aurais des sous. Pour l'instant il vous faudra juste vous passer de photos :P

Je me permet aussi de faire une rapide remarque sur les offres de opérateurs américains : Elles sont globalement nettement plus complètes et compétitives que les offres françaises. Un exemple tout bête : Quand je prends une photo avec mon téléphone, il me propose de l'envoyer à T-Mobile qui me la rend ensuite accessible via Internet. Il faut encore que je vérifie dans ma paperasse, mais je suis presque sûr que c'est un service gratuit. De plus les forfaits m'ont semblé nettement plus intéressants qu'en France. Sans parler du fait que dans 3 mois je pourrais débloquer mon téléphone à recharges (d'après mes souvenirs, en France, c'est au moins 1 an).

La banque

Pour les futurs stagiaires qui se demanderaient, conformément aux recommandations de Dave, je suis allé ouvrir un compte à la Washington Mutual quelques jours avant de commencer chez Google. J'y ai été accueilli par une charmante jeune banquière. Je lui ai simplement dit que j'allais être stagiaire chez Google, elle m'a demandé une pièce d'identité, et le compte était ouvert. J'ai même eut droit à un chéquier. Par contre, j'attends toujours la carte bancaire (que je suis supposé recevoir par la poste), et pour la gestion du compte par Internet, il faut un SSN (Social Security Number) que je n'aurais que plus tard (quand j'aurais pris la peine d'aller le chercher en fait).

Au passage, j'ai noté un contraste assez importants avec les banques françaises. Déjà sur la forme : En France, le banquier classique est relativement bien habillé, au minimum avec une chemise. À la Washington Mutual, les employés portaient tous un tshirt vert avec le slogan actuel de la banque écrit dessus, à savoir "Woo Hoo". De même, le chéquier de base semble être un chéquier fantaisie : En effet, chaque chèque a une apparence un peu différente, et les 3/4 d'entre eux ont un personnage de cartoon dessiné dessus. Sur le fond : Le compte bancaire est gratuit. La carte bancaire (attention, pas une carte de crédit) est gratuite. Le chéquier est gratuit. La gestion du compte par Internet est gratuite. Bref, comme Dave me l'a expliqué, ce n'est clairement pas là dessus qu'ils se font de l'argent. Ça tombe bien, modulo les virements internationaux, c'est juste de ça dont j'ai besoin :)

La télévision

La télévision américaine, c'est franchement de la merde. Sérieusement, on se plaint de la qualité merdique des principales chaînes de télévision françaises, mais aux États-Unis, le problème est encore pire.

Là où je suis, j'ai accès à une vingtaine de chaînes. La première est la Fox, mondialement connue pour son manque total d'objectivité. Je crois que je devrais en avoir une autre avant, mais ma télé a décidé que la première chaîne correspondrait à une très intéressante et auto-renouvelée émission sur la neige. L'essentiel des autres chaînes se ressemble : Beaucoup d'émissions à faible contenu (le pire étant bien entendu les multiples équivalents de nos "à la recherche de la nouvelle star" et autres "star academy"). Ceci dit, il y en a quelques-unes qui se distinguent : La première, dont j'ai oublié le nom, parce-que le soir elle passe un cartoon particulièrement satirique appelé "Family Guy". Ensuite il y a la chaîne "military channel" (ben oui, je suis dans une base militaire mine de rien), qui explique par exemple comment les anglais combattent des insurgés afghans ou bien encore l'histoire des avions de chasse. Et pour finir, il y a une chaîne historique, dont je n'ai dû voir qu'une émission jusqu'à présent mais qui restera à jamais gravée dans ma mémoire : Il s'agissait d'une étude sur la crucifixion de Jésus. Assez fascinant de voir que des gens ont pris la peine de se demander comment il était effectivement possible pour des poignets humains de résister à une aussi longue crucifixion. De même, en bon français, ça m'a un peu surpris d'entendre la voix off dire "Aujourd'hui, bien que la crucifixion de Jésus soit un fait universellement reconnu par les scientifiques, [...]" ... Toujours dans cette optique d'émissions typiquement américaines, voir un épisode de Star Trek classic à la télé, ça choque (c'est tellement kitch qu'aucune chaîne française n'a osé diffuser ça depuis des dizaines d'années).

Une autre distinction avec les chaînes françaises concerne certaines de leurs habitudes: Tout d'abord, j'ai été encore une fois été surpris par une chaîne qui diffusait "Matrix" (mine de rien, pour la télé américaine, ça doit être pas mal intellectuel comme film). Mais j'ai été encore plus étonné quand j'ai constaté qu'ils ont choisi de diffuser le film deux fois de suite. Sinon, une autre grosse différence avec les chaînes françaises se trouve au niveau des publicités : Il y en a facilement 4 fois plus qu'en France ! C'est simple en fait : Quand vous zappez, vous êtes chanceux si vous tombez sur une chaîne qui diffuse effectivement une émission et non de la pub. Le summum, c'est qu'ils diffusent tellement de pubs qu'ils en arrivent à en diffuser juste avant les génériques de fin des émissions ! Concernant le niveau des pubs, c'est comme en France, il y du bon et du merdique. C'est juste plus extrême.

À propos des pubs, un truc qui fait assez peur, c'est le nombre de pubs pour des médicaments. Quelque-chose me dit que l'automédication aux États-Unis doit être un véritable cauchemar pour les médecins.

Bon, heureusement, il me reste la possibilité de regarder les Guignols de l'info via Internet ^^

Le coût de la vie

En fait les prix aux États-Unis, en règle général, me font penser aux prix en France. Autrement dit, à un taux de conversion de 1, les prix sont presque les mêmes. Exceptions faites de tout ce qui touche aux nouvelles technologies, les aliments chimiques comme les sodas, ou bien les menus des fast-food, qui sont tous nettement moins chers. Donc globalement, avec le dollar qui se casse la gueule, c'est tout bénef' pour moi :). Par contre, au rythme où il se casse la gueule, je crois que quand je vais revenir en Europe et reconvertir mon argent en euros, je vais être pauvre.

Le reste

Dans le style bizarrerie typiquement américaine, samedi dernier, deux bibles sont apparues dans un tiroir de ma chambre. Sur leurs couvertures est écrit "Placed by the Gideons". Je pense en ramener une en France, en souvenir :)

Sinon, sur mon temps libre, j'ai commencé à développer une étrange fascination pour la chasse d'eau de ma chambre. Non, je vous rassure tout de suite, je suis pas encore devenu psychopathe au point de la tirer juste pour voir l'eau couler. C'est juste que le trou d'évacuation est deux fois plus petit que les WC en France, que la chasse d'eau opère sans réservoir d'eau, et que pourtant elle arrive à faire passer des "choses" particulièrement volumineuses ... 8D

Conclusion

À partir de là, je pense avoir dit l'essentiel. Je risque donc de ne plus bloguer avant quelques temps.


* : Je sais pas pourquoi, mais quelque chose me dit que un Googler et un ex-Googler de ma connaissance ont dû bien rigoler en lisant ça :P
** : Concernant les photos : Je suis aussi assez limité concernant les photos que je peux prendre au Googleplex. Donc si vous vous demandez à quoi ça ressemble, je pense que le plus simple est encore que vous demandiez à Google directement.